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De passage en concert avec Sly & Robbie au Plan à Ris-Orangis le 9 mai dernier, le chanteur anglo-jamaicain Bitty Mc Lean a enchanté le public avec sa voix si particulière qui rappel sans détour les grands chanteurs jamaicain à la voix "Soul". Un artist atypique qui a su redonner ses lettres de noblesse à un certain style de reggae entre rock steady et lover's rock. Après sa préstation sur scène toute en finesse, Bitty Mc Lean accepté de se livrer au jeu des questions réponses. Entretien.
Alors comment était le public ce soir ? Wicked, on était bien sur scène, on a tout donné... quelque soit la taille de la salle...c'est toujours ma mentalité je donne toujours 100% pas moins, ça doit être comme ça, je veux dire, quand vous avez Sly & Robbie Shakespeare, et puis moi... parfois j'ai besoin de me pincer. Comment s'est passée votre première rencontre avec Sly & Robbie ? Je crois que je les ai rencontré en 1994, dans une live session à Londres avec Aswad, c'est la première fois que je l'ai ai rencontré, on a créé des liens. En 1995 je suis je suis allée en Jamaique enregistrer un album avec Sly et robbie qui n'est finalement jamais sorti à cause d'histoires entre les maisons de disques... Après j'ai fait une pause pensant 5 - 6 ans, et puis j'ai fait le projet « On Bond street » qui était important, on a eu une conversation, puis on s'est retrouvés et ils m'ont demandé de venir en Jamaïque pour travailler avec eux en 2006. Cet album a été important dans ma carrière car quand j'ai commencé j'étais positionné plutôt sur la scène grand public, l'underground ne connaissait pas Bitty, je ne dirais pas qu'il ne m'ont pas accepté, mais il n'y avait pas de connexions entre la pop et la musique de la rue. « On Bond Street » m'a permis de boucler le tout ensemble. Et puis j'en ai eu marre des sound systems, la radio, les Djs...
Vous avez joué en sound system ? Je pense que c'est important d'apporter la musique aux gens même quand vous jouez avec taxi gang dans les sounds systems, il n'y a pas d'ego on fait ce qu'on à faire avec amour et passion parce qu'on aime ce qu'on fait. Avec le label Peckings, comment ça a commencé ? Je connaissais Chris Peckings depuis des années, et il m'a envoyé des riddims recutté de Treasure Isle, mais j'aimais pas trop les recut donc je lui ai dis si tu as les originaux ça pourrait marcher. Il avait accés tout, les studio one, treasure isle... Je pouvais rentrer dans mon studio avec les riddim originaux et réutiliser cette musique en la samplant et puis ça a commencé comme ça, en 2003 toute une année passée à écrire des chansons, c'était vraiment comme une réintroduction pour moi cela faisait 5 ans que j'étais plus dans le dans le business. Et puis il y a eu le single « Walk away from Love » en 2004 qui a bien marché. On peut jamais connaitre le succès d'un enregistrement, évidemment on espère que ça va fonctionner mais c'est une des choses qui a fait que cela a fonctionné, c'était une chose totalement différente de ce qu'il y a dans les rues : ça sonne vieux mais c'est nouveau, et c'était le côté attirant du projet « On bond street » : des vieux riddims avec des nouvelles voix, de nouveaux sons, nouvelles chansons et personne n'avait fait treasure isle. Cela fait des années en années qu'on entendait des recut sur Studio one, oui, mais personne n'avait utilisé le catalogue Treasure isle. Cela a joué un rôle dans le succès de « On Bond street »
Ce genre de son s'était un peu perdu ... Studio One, on parle toujours de studio one et il y a eu tant de recut sur ces riddim, mais il y a aussi les Duke Reid, Prince Buster, Justin Yap qui ont produit des supers trucs à la même époque. Alors j'ai choisi de travailler et enregistrer des voix sur des Treasure Isle que personne n'a jamais entendu : deux versions de rock steady , deux de versions du Queen Majesty, ou Denis Alcapone, technics, t'écoute la nouvelle version de Queen Majesty et tu te dis ouah ... c'était la clé, je pense...
Quels sont vos futurs projet, avec Sly et Robbie ? Oui nous préparons un nouvel album avec Sly et Robbie. J'étais avec eux en Jamaique en Mars nous avons posé les riddim et fait des voicing. On va faire d'autres trucs et mixer en Floride peut être cette année ou l'année prochaine quand le projet sera fini, mais c'est un live album complètement live dans les studios, on a préparé des nouveautés, de nouveaux riddims et des classique en repartant dans les années Channel One. C'est excitant, travailler avec ces mecs c'est vraiment le meilleur chapitre de ma carrière. La combinaison avec Sly & Robbie marche à merveille, est il possible pour vous de jouer avec d'autres ? Je ne vais pas faire que des show avec eux, Ils ont leur propres agenda, et je travaille aussi avec d'autres groupes mais quand Sly & Robbie ne sont pas disponibles, c'est quand même......une répétition seule répétition et c'est bon, Homeground en France par exemple, c'est un choix, ils ont le feeling, ils connaissent les chansons, C'est pas comme ça avec n'importe qui.. tu vois. Le sound system apporte sa partie, elle apporte la musique aux gens, vous avez des gens qui vont aux concerts, surtout les jeunes, qui veulent sortir, boire un coup, écouter de musique et danser, Il faut apporter notre musique à ce type d'audience, car la meilleure promotion du reggae c'est toujours les sounds systems. A propos des sound systems, j'ai pas entendu beaucoup de dub plates de vous ? Je ne vois pas l' intérêt d'enregistrer des dub plates pour chaque sounds. Mais demandez plutôt à Robbie c'est mon agent demandez lui .... ( NDLR : Robbie Shakespear répond « 50 000, c'est 5 zéros et MILLE le cut !!! »).... Nan désolé je vois pas le but, mais voyez ça avec Robbie c'est mon agent.
50 000, ça c'est une bonne raison en effet ! Ne me demandez pas des Dubplates, demandez à mon agent... (rires) Quelques chansons sorti en 45t ont un style dub plate tout de même, comme le « Tell Me remix » ou « Sound Boy Killer » sur Peckings ... Oui mais ces tunes n'avait pas été fait pour être pressé. C'est des cut que j'ai fait avec mon frère il y a des années de ça, et Peckings les a sorti avec mon accord. Mais c'est pas vraiment ce que je préfère les plates. Je vois pas trop l'intêret de voicer pour tout les sounds. On perd la compétitivité... Mais c'est bien de savoir que Rodigan, Downbeat, Stonelove ou Saxon peuvent jouer quelques plates. Ce n'est pas que je ferai plus jamais de dub plate, mais c'est tellement facile de tomber dans le piège, où tu sais: tu as du succès et tous les sound vont jouer ton plate ... au final ça ne sert pas forcément la musique. C'est bien d'être exclusif ? Oui, c'est important pour moi, et j'aime le fait qu'il y a des sound qui continuent à jouer des vinyles. Il y a des sound qui sont arrogants en disant qu'il ne joue pas mes tunes s'ils ne peuvent pas avoir de special ... mais il y a plein de sons dans le monde, donc tu vois ce que je veux dire, respect aux sons qui continuent à jouer du Vinyle, parce que c'est vraiment la clé. Propos recueillis par Nino & Marchadonf, special thanks to Marianne |